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127ème journée, Jeudi 02 Mai

POSITION RÉCUPÉRATION   02/05/19.  17 h    UTC.     127 jours 06 heures

  1. NM. 5800 kms

 

Tout a une fin….

 

Enfin me voici au bout de cette aventure, je pense qu’il me faudra attendre plusieurs jours pour réaliser…

Ces 5 derniers jours furent un cauchemar, où j’ai touché les abîmes de notre administration… Je ne plongeai plus dans cette grande bleue mais dans un labyrinthe de tractations avec des mails de 3 pages… Et moi après avoir joué au Ping Pong avec Eole, là ce fut Rolland Garros.

Il a suffi qu’avant de péter les plombs, j’envoie un courrier aux Gardes côtes Américains qui me surveillent pour que quelques heures après j’avais le choix entre 3 Navires…

L’affaire est close, merci les Américains, les autres peuvent ricaner à surfer sur des claviers…

 

Ma grande surprise fut dans la nuit, ce Cargo qui tourne autour de nous, tout le monde flash et puis doucement s’approche, je ne comprends pas leur anglais, tout l’équipage est là : 20 personnes ! Je demande s’il m’est possible d’avoir du chocolat et la réponse est : Oui, attache le cordage.

Ok j’exécute… Et là, le Tonneau se soulève et percute la paroi de Goliath (il est endommagé…)    Heureusement que j’ai un couteau fixé sur le toit, le point de fixation est sur la main courante à l’avant, il ne tiendra pas…

Le Tonneau prend une position verticale sans hésiter je tranche le chanvre de 5 cm de diamètre et nous replongeons…

10 mètres au-dessus de ma tête, ce sont des cris, je ne comprends rien, j’en reste au chocolat.

Nous reprenons notre chevauchée qu’on est bien sur les flots…

J’apprendrai au matin qu’ils avaient eu la gentillesse d’accepter de nous ramener à Rotterdam…

 

Ça souffle très fort nous avançons à 2,2 nœuds soit 4 km/h, les surfs s’enchaînent. Mon Ami Pierre qui coordonne depuis Paris, ma récupération m’annonce que ce soir le Tanker sera sur zone à 22 heures. UTC.  =. 24 H France !

Préparation de quelques affaires pour le débarquement, la journée est tranquille.

Je savoure ces derniers moments et regarde ces 2 compagnons qui depuis 10 jours sont sous notre protection…

C’est au moment où je passe à table pour déguster un filet cuit de la coryphène harponnée la veille que j’entends un bruit de moteur et de par le hublot, avec 2 heures d’avance : Il est là, magnifique, sa coque orange se confond avec le ciel de soleil déclinant….

Mais quel monstre, là-bas tout en haut ça s’agite j’aperçois le Bras de la grue qui pivote, déjà ça me rassure, ce n’est pas une treille où le tonneau aurait râpé tout le long de la coque…

On m’envoie une aussière (cordage) que je fixe les amarres qui sont prêtent. J’attends le crochet, la coque est à 3 mètres, nous montons et descendons sur les vagues qui courent le long de l’acier.

C’est alors que l’amarre arrière qui est autour de la quille (sur les conseils de Lucien) s’est libéré. Évidemment au-dessus personne ne comprend lorsque je demande d’être libérer et qu’il faut que je repositionne ce point de levage sous-marin…

Je plonge, mes 2 compagnons arrivent aussitôt, non il n y’a pas de cadeau de départ…

L’amarre est replacée avec une « ficelle à cassée sous traction » car il y a la plateforme et les barreaux de l’échelle qui gênent et tout le poids est dans cette quille, enfin je remonte !

Nous avons dérivé, nous sommes à l’arrière du tanker.

 

Nous étions sur tribord, nous passons sur bâbord…

Ok nous recommençons la manipulation, la grue pivote, les crochets descendent et nous comme un yoyo le long de la coque, le crochet à 1 mètre et me donne des frayeurs : il est énorme !

Si nous sommes en-dessous au moment où une vague nous soulève, c’est la bulle ou un panneau solaire ou les deux qui éclatent, tout se passe rapidement et correctement, les amarres se tendent, nous nous élevons dans les airs ; une sensation me prend de retourner une dernière fois dans la grande bleue et dire au revoir à ces 2 innocents qui n’ont rien compris…

Et pour mon grand plaisir, je me laisse décrocher pour une seconde où n’appartiens plus qu’à l’air et puis me revoici dans le ventre de ma mère, retour à l’état fétus…

A la surface, mon compagnon se balance sous les rafales de vents il est bien en équilibre, là-haut à 15 mètres, ce n’est même pas une coquille de noix mais une noisette…

Une bouée arrive, le navire avance doucement, une échelle de corde est déployée trop courte de 1 mètre, profitant d’une vague, j’arrive à l’attraper et doucement remonte, adieu eau salée, tu m’as beaucoup apporté…

Les premiers pas furent difficiles, une impression d’être plus que saoul, torse nu en short, 2 hommes de chaque côté me soutiennent et m’aident à gravir les 5 étages pour rejoindre le Capitaine à la passerelle.

Ce fut la douche chaude savonneuse, depuis 127 jours, une combinaison fluo et puis on me propose un repas à mon souhait, je demande si possible 2 œufs au plat…

Toujours accompagné, nous allons visiter mon compagnon très bien fixé …il se repose, nous nous reposons…

Arrivée Dimanche à S- Eustache à 01 h du matin !

Tant que nous ne sommes pas en Martinique, je me ferai un plaisir de continuer à vous donner des nouvelles de cet odyssée !

Je vous remercie et je vais finir de me consacrer à mon livre dont nous recherchons un titre : Aidez-moi !!

Je ne pensai pas en janvier 2018 que mon rêve susciterait tant de curiosités…

Vos messages m’ont apporté beaucoup d’émotions et je vous embrasse toutes et tous !!!

 

Jean-Jacques SAVIN.

 

 

 

 

127th day, Thursday 02th Mai

 

 

RECOVERY POSITION 02/05/19.  17:00 UTC.     127 days 06 hours

 

  1. NM. 5800 kms

 

 

Everything has an end……

 

Finally, here I am at the end of this adventure, I think I will have to wait several days to realize…

These last 5 days have been a nightmare, where I touched the abysses of our administration… I no longer plunged into this big blue but into a maze of negotiations with 3-page emails…. And I after playing Ping-Pong with Eole, that was Rolland Garros.

It was enough that before I lost my mind, I sent a letter to the American Coast Guard who were watching me so that a few hours later I had a choice between 3 Ships…

The case is closed, thank you Americans, the others can giggle while surfing on keyboards….

 

My big surprise was in the night, this Cargo that revolves around us, everyone flashes and then slowly approaches, I don’t understand their English, the whole crew is there: 20 people! I ask if it is possible for me to have chocolate and the answer is: Yes, tie the rope.

Okay, I’m executing…. And there, the barrel lifts up and hits the wall of Goliath (it is damaged…) Fortunately I have a knife fixed on the roof, the fixing point is on the handrail at the front, it will not hold…

The barrel takes a vertical position without hesitation I cut the hemp 5 cm in diameter and we dive back….

10 meters above my head, it’s screaming, I don’t understand anything, I just stick to chocolate.

We resume our ride that we are well on the waves….

I will learn in the morning that they had been kind enough to agree to take us back to Rotterdam…

 

It’s blowing very hard, we’re making 2.2 knots or 4 km/h, the surfing is going on. My friend Pierre who coordinates from Paris, my recovery tells me that tonight the Tanker will be on site at 10pm. UTC.  =. 24 H France!

Preparation of some things for the landing, the day is quiet.

I enjoy these last moments and look at these 2 companions who for 10 days have been under our protection…

It is at the moment when I come to the table to taste a cooked net of harpooned dolphinfish the day before that I hear a noise of engine and through the window, 2 hours in advance: It is there, magnificent, its orange shell merges with the declining sunshine….

But what a monster, over there at the top it’s moving I see the arm of the crane rotating, already it reassures me, it’s not a vine arbor where the barrel would have grated all along the hull….

I am sent a hawser (rope) that I attach the mooring lines that are ready. I wait for the hook, the hull is 3 meters away, we go up and down on the waves that run along the steel.

It was then that the stern mooring line around the keel (on Lucien’s advice) was released. Obviously above nobody understands when I ask to be released and I have to reposition this underwater lifting point…

I dive, my 2 companions arrive immediately, no there is no departure gift….

The mooring line is replaced with a « broken string under traction » because there is the platform and the rungs of the ladder that bother and all the weight is in this keel, finally I go up!

We drifted, we’re in the back of the tanker.

 

We were on starboard; we’re going to port….

Ok we start again the handling, the crane rotates, the hooks go down and we like a yo-yo along the hull, the hook at 1 meter and gives me fears: it is huge!

If we are below when a wave lifts us, it is the bubble or a solar panel or both that burst, everything happens quickly and correctly, the moorings stretch, we rise in the air; a sensation takes me back one last time in the deep blue and say goodbye to these 2 innocent people who have not understood anything…

And for my great pleasure, I let myself go for a second where I only belong to the air and then here I am again in my mother’s womb, back to the fetus state….

At the surface, my companion sways under the gusts of wind he is well balanced, up there at 15 meters, it is not even a walnut shell but a hazelnut…

A buoy arrives, the ship advances slowly, a rope ladder is deployed too short of 1 meter, taking advantage of a wave, I manage to catch it and slowly goes up, goodbye salt water, you have brought me a lot…

The first steps were difficult, a feeling of being more than drunk, bare-chested in shorts, 2 men on each side support me and help me climb the 5 floors to reach the Captain on the bridge.

It was the hot soapy shower, for 127 days, a fluorescent combination and then I was offered a meal at my wish, I ask if possible 2 eggs in the dish…

Always accompanied, we will visit my companion very well established… he rests, we rest…

Arrival Sunday at S-Eustache at 01:00 in the morning!

As long as we are not in Martinique, I will be happy to continue to give you news of this odyssey!

Thank you and I will finish dedicating myself to my book for which we are looking for a title: Help me! Help me!!

I didn’t think in January 2018 that my dream would arouse so many curiosities…

Your messages have brought me a lot of emotions and I kiss you all!

 

Jean-Jacques SAVIN.


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